Dans la culture et dans la littérature, le jeu est également très représenté et il n'est pas rare dans un film, dans un livre, ou sur une œuvre, d'assister à une scène de jeu...

 

affiche originale du film :http://romainliv.over-blog.com/2016/10/marius-de-marcel-pagnol-le-livre.html

 

 Une scène extrêmement connue : « Tu me fends le coeur ! » dans la trilogie Marius (César, Fanny) de Marcel Pagnol. Dans ce passage, on peut voir se dérouler une partie de cartes entre 4 personnes... Cette scène nous montre de façon humoristique que le jeu peut créer une tension entre les joueurs, même s'ils se connaissent. Par un jeu de mot (qui donne son titre au passage), la tricherie apparaît. De plus, ici les acteurs jouent un rôle de jeu : il y a là une mise en abyme du jeu. Ainsi, ce passage illustre très bien les cachotteries des joueurs entre eux.

 

Dans les livres également, le jeu reste un sujet fréquent. Il en existe des centaines, plus ou moins récents, sous forme de romans illustrés, de mangas, de bd... Ici, nous préférons parler d'une œuvre littéraire plutôt récente, à succès d'ailleurs :No pasarán, le jeu, de Christian Lehmann (1996). Ce livre, adapté également en film et en bande-dessinée, nous montre tout au long un aspect du jeu vidéo. „No pasaràn !“ était un slogan politique au départ, utilisé en Espagne par les républicains contre les fascistes, et signifiant „ils ne passeront pas !“. (Cette maxime s'oppose à une autre citée par Gilles, le frère d'Éric: „Viva la muerte !“). En effet, trois jeunes ( Éric, Thierry et Andreas) vont pouvoir revivre des évènements violents de l'Histoire, à cause d'un jeu vidéo, en étant renvoyés dans le passé : par exemple à Guernica sous les bombes en 1937 ou à Paris pendant les rafles de juillet 1942… Chacun va avoir un parcours bien à lui lors de l'utilisation du jeu vidéo „L'expérience ultime“, ce dernier proposant trois modes bien différents : Stratégie, Corps à corps et Ultime. Au-delà, on peut même voir ceci comme un jeu de rôles pour chacun des jeunes: chacun s'incarne dans la peau d'un personnage, Andreas allant même jusqu'à incarner un membre de la SS. Sous forme de fiction, l'auteur nous questionne sur le côté immersif de ce type de divertissement... Est-ce si dangereux dans la réalité ? Ici, le fait de jouer va révèler ou accentuer leur personnalité: ainsi Andreas va s'avèrer être violent, sadique et sans pitié tandis que Thierry va plus essayer de comprendre le mystère du mode multijoueur incompatible avec son ordinateur et le réalisme graphique que de réellement „jouer“, Éric quand à lui se montre raisonnable et applique les conseils de stratégie de son ami Thierry. Une des scènes les plus intéressantes du livre est lorsque la guerre est textuellement mise au même plan que le jeu (page 196, collection Médium) par ce dernier. Le fait souligné est que les généraux des deux camps prennent de la distance avec le réel combat et, ayant une vie normale, ils mobilisent les soldats comme le ferait quelqu'un devant son ordinateur. Les pertes sont des fois considérables mais cela ne les concerne pas directement, il faut alors rentabiliser, améliorer, et développer comme on le ferait pour un jeu de stratégie militaire. Le vieux propriétaire de la boutique, à Londres prononce à deux reprises „ça ne finira donc jamais...“ une fois dans le magasin en leur tendant „L' expérience ultime“, et une autre fois dans le monde virtuel du jeu.... Leur donner et leur demander d'y jouer... étais-ce pour les tester ? Pour les corrompre ? Pour leur ouvrir les yeux sur l'horreur de la guerre ?

 

-Dans L’émigrant, de Charlie Chaplin, datant de 1917, qui s'inscrit dans une suite de 12 courtes comédies (celle-ci étant la onzième). Charlie chaplin réalise ceci pour la Mutual film Corporation. Ce court-métrage du Xxème siècle ne fait pas exception et nous propose une scène de jeu de dés. Le jeu, ici, occupe les passagers, qui s'ennuient. Dans la misère, on joue quand même, même si cela provoque la perte de quelqu'un. Dans l'histoire, Charlot gagne puis un autre joueur, frustré et mauvais perdant, cède à l'énervement. Cela nous démontre que le jeu du pari d'argent est toujours risqué, les jeux de dés étant guidés par du pur hasard... De même, lors de la partie de cartes qui suit, l'argent misé revient à nouveau à Charlot et encore une fois, l'envie de tout détruire chez son adversaire. Ce passage nous montre aussi la folie de certains, qui doivent se procurer de l'argent, même malhonêtement, afin de rejouer au plus vite. Chaplin joue le rôle d'un joueur généreux et raisonnable. Même si ce passage semble plutôt sérieux et peu drôle, le reste du court-métrage l'est plus.

 

 

Ainsi, le jeu est même représenté dans des œuvres célèbres : il fait partie de notre quotidien. L'Homme y fait souvent allusion. Ainsi, nous avons affaire à une omniprésence du jeu dans notre culture environnante.